À propos
S’autoconstruire, mon projet solo collectif est né d’un chantier réel : celui d’un projet d’autoconstruction mené en solo, mais porté par l’entraide, le soutien de la famille et des ami.es, et par des apprentissages constants.
Dans chaque épisode de ce podcast, on parle de ce que ça prend concrètement pour s’autoconstruire : la planification, les moments de doute, les choix financiers, les limites physiques, la charge mentale, le fait d’être une femme sur un chantier, et l’importance du soutien autour avec l’objectif de provoquer un déclic : réaliser que s’autoconstruire est possible.
Ce podcast vise à nourrir un mouvement collectif autour de l’autoconstruction et de l’habitation. Faire naître la motivation, rendre le rêve accessible, construire l’apprentissage, et encourager le passage à l’action, ensemble.
S’autoconstruire, mon projet solo collectif s’adresse à toutes celles et ceux qui cherchent des façons plus autonomes d’habiter et qui sentent que reprendre en main leur façon d’habiter est possible.
Description du projet de construction
La vision initiale : une maison chaude, durable, parfaitement intégrée dans son environnement où l'intérieur et l’extérieur sont une prolongation l’un de l’autre, une maison parfaitement et ergonomiquement adaptée à mon mode de vie. Un projet qui me motive à me dépasser, à apprendre, dont je serai fière, quelque chose de plus grand que moi et en même temps complètement moi comme une artiste dont le médium est l’habitat.
Concrètement c’est :
- 2019 : l’achat du terrain après y avoir passé des heures, c’est l’idée du tunnel qui fait “débloquer” la vision du projet et concrétise l’achat
- 2020 : la pandémie, l’insécurité, l’idée que nous seront peut-être confinés longtemps, très longtemps. La mini-maison simple et sans hypothèque, laisse la place à un projet grandiose dans mon esprit, pour l’occuper
- 2021 : les prix des matériaux montent, je reporte le projet au profil de plus de préparation (car il n'y a jamais assez de préparation, sur les matériaux, les techniques donc à l’automne je débute la fabrication de mon revêtement extérieur selon la méthode sho shugi ban chez ma soeur …. je ne le sais pas encore, mais je déplacerai 5 fois toutes les planches avant de les poser)
- 2022 : avril c’est le lancement officiel de la construction, en pleine flambée des prix, chaque semaine les prix augmentent, les soumission ne sont valides que 7 jours, le budget double. C’est une course contre la montre pour étanchéifier la maison avant l’hiver, les défis seront nombreux : pénurie de béton, délai pour les matériaux en plus de tout ce qu’il y a à faire. En 7 mois, de soir et de fin de semaine, avec l’aide de ma famille, j’arriverai à construire la fondation et le tunnel, monter les murs, poser les fermes de toit à bras, faire la plomberie sous dalle, couler et polir le béton, poser la toiture de tôle et toutes les fenêtres, la dernière arrivée la veille de la 1ere tempête de neige. Malheureusement, je n’ai pas le temps de me reposer, il faut enchaîner sur l’isolation et la plomberie.
- 2023 : je débute l’année épuisée par la Covid et les long mois de chantier à dormir 4 à 6 heures par nuit, je ne m’accordais qu’une nuit de 8 heures par semaine. Je frappe un mur pendant l’hiver, n’arrivant même plus à soulever une visseuse et ayant tout le gypse à poser. La pression est à son maximum au printemps, car je devrai emménager le 1er juillet et faire le deuil que la maison soit terminée à temps. Il n’y aura dorénavant plus de date de fin. Après une seule journée de repos et plus de vacance en banque, il faut encore donner un grand coup à la construction, cette fois complètement solo, plus d’aide de la famille et des amies déjà tellement sollicités, car si la maison ne passe pas l’inspection de la banque à l’automne, je perds mon taux hypothécaire et des dizaines de milliers de dollars.
- 2024 : Année du repos, de la contemplation. Le plancher du 2e étage aura pris tout l’hiver, permettant enfin de vivre dans une maison sans poussière. L’été sera consacré au plein-air et à de petits travaux car le chantier de la serre représentait trop de défis techniques.
- 2025 : Les années passent, le trou béant en façade avec la bâche que je dois réparer régulièrement commence à me peser, je me fixe des projets et échéanciers et accepte enfin d’embaucher un contracteur pour mon sauna humide acheté il y a 4 ans … le moment le plus satisfaisant sera la pose des vitres de la serre, fermant enfin complètement la maison après 3,5 ans !
Les particularités du projet :
- une maison réalisée à 90-95 % en autoconstruction
- Fait par moi : fondation, dalle de béton, structure, toiture de tôle, plomberie principale et finition, isolation, revêtement extérieur, finitions intérieure, peinture, finitions électriques, crépi, escalier, cuisine, menuiserie
- Entrepreneur : excavation, fosse septique et aménagement du muret de pierre, couler la dalle de béton, uréthane de la solive de rive et du plafond du tunnel, panneau électrique et passer les fils, tirer les joints, comptoir en granite, céramique du sauna et pose du verre et les gouttières.
- Intégration de nombreux concepts solaires passif
- Serre adjacente 4 saisons
- Plancher chauffant au glycol, isolation des murs R30 et du toit R65, fenêtre triple vitrage à l’est et l’ouest et 1 seule fenêtre au nord
- Tunnel de 75 pieds (près de 23 mètres) sous le terrain et la maison
- Abri auto avec toit végétalisé pour prolonger le terrain
- Mur d’escalade de 32 pieds - 10 mètres avec auto-assureur
- Sauna humide
- 3 chambres, une grande mezzanine pour un atelier de couture et le tout à 1695 pc, soit moins que la moyenne des maisons unifamiliales au Québec de 2100 pc, notamment parce qu’il n’y a aucun corridor dans la maison.
Stéphanie Fey, auto-constructrice et co-animatrice
Bio à venir
Isabelle Fotsing, entrepreneur et co-animatrice
Bio à venir